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J’ai trente-sept ans et je n’ai jamais eu de petite amie (et ce n’est pas voulu et j’ai franchement « tout » essayé !)

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Deuxième chute

Note : mieux vaut commencer le récit par ici !

Régulièrement, j’écris mes pensées profondes à Clémentine. Bien plus que ce que j’indique ici, car cela aurait fait doublon sur le fond. À cette période, elles sont certainement assez incommodantes tant je me sens mal. C’est certainement récurrent chez moi et je me doute que ce n’est pas forcément facile de recevoir ce genre de missives ! C’est à ce moment qu’elle choisit de me faire une annonce : elle a rencontré quelqu’un et souhaite prendre de la distance pour se sentir disponible. Je m’écroule encore immédiatement. Ce soir-là, nous sommes un vendredi d’août. Tout le monde est en vacances et pas disponible pour parler… je laisse aussi un message à Janot, qui n’est encore qu’un « simple » collègue, mais il ne le verra que lundi… Au final, seule ma mère est joignable. Elle comprend que cela ne va pas… et nous parlons de Clémentine pour la première fois. Pourtant je déteste l’idée de parler de cela avec mes parents car ils m’ont trop travaillé jeune sur ce sujet.

Rapidement, je préfère échanger là-dessus avec Janot. Il deviendra mon meilleur ami et confident. Sa concubine, Fleur, deviendra même ma meilleure amie quelques mois après ! Il me faudra environ une semaine pour que je me confie profondément à lui, dans un contexte où les « idées noires » débordaient de mon imagination…

Comme prévu, je pars au Danemark environ deux semaines après. Les vacances les plus éprouvantes que j’ai connues. Tous les deux ou trois jours, il fallait que je parle avec quelqu’un au téléphone. Dans le même temps, j’ai beaucoup de mal à arrêter de penser à Clémentine. Elle a deux courses prévues pendant mon séjour et je lui écris finalement pour l’encourager. Elle me remercie même si elle se montre réticente à l’idée de communiquer à nouveau. Mais nous convenons de potentiellement se revoir un jour pour une soirée « G.R. 20 » (une vieille promesse).

À mon retour, l’idée de courir ensemble refait son chemin. Finalement, nous nous reverrons mais absolument pas de la manière envisagée ! Pour les Journées du patrimoine, nous visitons avec ma mère un lieu proche de son domicile. Contre toute attente, pendant la visite nous passons et nous arrêtons au pas de sa porte. Je lui envoie une photographie tant cela me paraît surréaliste. La coïncidence aurait pu s’arrêter là. Que nenni… la porte de garage s’ouvre et deux personnes sortent sur des vélocipèdes. Clémentine et un homme nettement plus âgé. Nous nous reconnaissons… sans qu’un mot ne sorte. Peu avant, j’avais dit à ma mère qu’elle habitait ici. Elle sent ma gène, dit bonjour à l’autre qui la salue et les deux partent. Pendant quelques minutes, je suis interloqué. Comment une telle concordance est possible ? Je me demande également qui est l’autre personne. Je pense à son parrain, le frère de son père, dont elle est proche. Le doute ne dura pas, j’en parle à ma mère… et je reçois un message de Clémentine navrée que nous les ayons vu. Il est évident qu’il s’agit de l’« autre1 » dont elle m’a parlé.

Par la suite, c’est houleux. Mais les conseils avisés de Janot font que nous nous reparlons au téléphone. Pour finir, elle réitère qu’à ses yeux notre relation est importante pour elle. De mon côté, j’ai des doutes depuis un certain temps et je lui demande si elle se sent « heureuse ». Elle n’est pas capable de répondre à cette question. Personnellement, je trouve que cela en dit long… Pas besoin d’attendre très longtemps, le lendemain il la plaque et elle m’écrit que je suis « chou ». Le surlendemain, elle me repropose une course. Et le jour d’après nous courrons ensemble !

Une fois encore, pas mal d’émotions même si aucune larme ne coulera. Elle a découvert que l’autre lui mentait et entretenait une autre relation. Elle me parle de l’importante du lien physique dans une relation, culpabilise, regrette ce qui s’est passé et me demande de faire passer un message à ma mère. Elle recevra même une réponse apaisée. Peu après, je pars quelques jours sur Toulouse et elle-même chez des amis.

Évidemment, nous nous revoyons. Petite nouveauté cette fois-ci, elle est accompagnée d’une amie. Je suis assez stressé car je veux absolument lui répéter mes sentiments pour ne pas repartir sur une amitié. Impossible de dire cela à trois, j’attends donc la fin où j’escompte rentrer avec elle avec nos vélocipèdes. Mais avant, pendant la course, viens le moment d’expliquer comment j’ai rencontré Clémentine. Je me sens mal à l’aise et j’évite de vraiment répondre. Elle le fera à ma place… S’ensuit une séquence où je m’en prends plein la poire. Son amie a déjà rencontré quelqu’un sur Tinder pour « se vendre la poire ». Clémentine, elle, renchérit en annonçant qu’elle la fait pour une « expérience anthropologique ». Avec moi juste à côté… qui a autant de mal avec les femmes… qui a essayé les sites de rencontre pour trouver quelqu’un… entendre cela m’a vraiment blessé. Moi qui entreprend sérieusement cette démarche, de quoi ai-je l’air ? d’un bout de viande que l’on utilise selon sa guise pour des « expériences ».

Passons cela… Nous rentrons à deux et je commence à parler. Elle le prend « odieusement » et me râle dessus comme jamais. Au moment de se séparer, je lui dis « au revoir, pas adieu ». Elle me rétorque « adieu ». Je suis sonné. Je dois même m’arrêter quelques minutes avant de reprendre la route. Alors que je pense que tout est terminé… elle me rappelle pour s’excuser de son attitude et annoncer qu’il est possible qu’elle soit amoureuse de moi un jour…

1Je le surnomme ainsi. À mes yeux et vu ce que vous apprendrez par la suite, vous comprendrez pourquoi je pense qu’il ne mérite pas mieux.

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