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J’ai trente-sept ans et je n’ai jamais eu de petite amie (et ce n’est pas voulu et j’ai franchement « tout » essayé !)

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L’effondrement

Note : mieux vaut commencer le récit par ici !

Clémentine n’est pas n’importe quelle femme. Tout comme moi, elle est très sensible et sujette au stress. Elle s’est également qualifiée de « cyclothymique ». C’est-à-dire que ses émotions jouent au yo-yo de manière assez rapide. C’est une forme plus légère de bipolarité.

Ainsi, en ce 12 avril 2018, je commets l’une de mes plus grosses bévues. Je la vois, lui fais un rapide « coucou » et lui souhaite de « bien travailler ». Instantanément, je ressens un accueil glacial. Elle n’apprécie pas du tout et me le faire savoir par l’envoi d’un S.M.S. sans ambiguïté. En gros, elle ne mélange pas le personnel et le professionnel et estime que je « n’avais rien à faire là ». Mes promptes excuses n’y changeront rien. Elle part immédiatement dans une phase de silence qu’elle m’annonce le lendemain.

Inutile d’écrire que je me sentais pas bien à ce moment-là… C’était bien plus que du stress. Je n’arrive pas à expliquer ce que je ressentais. En gros, j’avais le sentiment d’être complètement sonné. Peut-être un peu comme un boxeur qui reçoit un gros uppercut et demeure groggy sur le ring. Le temps passe, un jour, deux jours, trois jours, quatre jours, cinq jours… aucun changement dans mon état. C’est à mon tour de me poser des questions. Est-ce que je ne devrais pas aussi consulter un psychologue pour gérer cette anxiété débordante ?

Au sixième jour, je décide de lui écrire à nouveau. Je ne sais plus exactement le contenu, mais vu mes fortes angoisses, il est évident que je devais paraître effondré. Clémentine ne répondit pas. N’ayant plus le choix, je prends contact avec Ève, une jeune psychologue. Quelques jours après, Clémentine me répond. Elle s’excuse pour sa colère et son attitude stérile qui a suivi. Alors que je reprends espoir, d’autres messages arrivent : « je ne suis pas amoureuse de toi et je ne le serai sans doute jamais ». De manière concomitante, j’essaie de l’appeler. Elle décroche, mais je reste presque sans voix et ne sais qui dire. Je ne comprends pas ce qui se passe ces dernières semaines, j’ai « besoin » de comprendre. Elle accepte de me voir le lendemain.

Finalement, je ne la verrai pas un automobiliste ayant décidé de me renverser… Lendemain suivant, première rencontre avec Ève. Assez déstabilisante car c’est une demoiselle plus jeune que moi. Initialement, et cela peut paraître étrange, j’ai choisi de prendre rendez-vous avec une femme car j’avais besoin de comprendre les femmes. Il faut savoir que ma relation avec Clémentine était totalement secrète. Personne n’en savait rien. L’effet cumulé de mon côté très indépendant et aussi car j’ai beaucoup de mal à me confier de manière profonde. Mis à part avec elle, sinon mes autres relations sont plus superficielles. C’était aussi une manière pour moi de me protéger si mes efforts depuis l’été 2017 n’aboutissait pas…

Pour cette première séance, je parle beaucoup, je lui raconte tout ce que j’ai vécu avec Clémentine. Assez introverti, j’évite un maximum de la regarder. C’était presque comme si j’étais seul. Du moins, c’est un peu ce que je voulais. Néanmoins, je me suis rendu compte que cela me faisait du bien de parler. Aussi, nous avons repris rendez-vous. Le lendemain, ce sera mon anniversaire, le surlendemain je verrai Clémentine et le jour suivant, je repartirai en week-end sur Bordeaux.

Une grosse séquence donc en mode montagne russe. Car le jour de mon anniversaire Clémentine m’écrit qu’elle ne souhaite pas me voir, oublie mon anniversaire… dans le même temps, je lui annonce que mon train part bien le lendemain1. Le lendemain, cela change presque de minute en minute : elle ne peut pas à cause de son travail, refuse que je passe la chercher pour gagner du temps2, puis finalement m’écrit que cela lui ferait plaisir, et pour finir elle me supplie presque ! Le côté cyclothymique est assez flagrant ici.

Cherchant à comprendre ce qui s’est passé depuis février, je pose une question simple et gentille… torrent de son côté à propos de l’épisode du 12 avril : j’ai « cassé quelque chose », elle m’avait dit « de ne pas venir » (absolument faux)… Et enchaîne sur n’importe quoi : je « la manipulerais » ou elle « ne va pas écarter les jambes ». Moi qui suis très pudique et n’ai jamais sexualisé une conversation cela me choque. Je m’arrête de courir un court instant et calme le jeu. Finalement, nous nous quittons gentiment. Je lui dis les yeux dans les yeux que « je l’aime et j’en suis fier ». Ma première déclaration d’amour, même si je l’aurais espéré plus joyeuse. En même temps, je prends note de sa position et ambitionne de devenir son meilleur ami. N’ayant jamais eu d’amie tout court (on peut presque dire que j’ai « peur » des femmes), c’est un sacré défi.

1Il y avait à cette époque de grosses grèves et je n’étais pas certain du moment où je pourrais partir.

2A posteriori, je me suis fait la remarque que c’était encore maladroit vu le gros incident qui venait de se passer…

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